Une toiture plate est très exposée. L’eau y stagne plus facilement que sur un toit en pente, les écarts de température fatiguent l’étanchéité, et le moindre défaut de pose finit par provoquer une infiltration. En Belgique, où les pluies sont fréquentes et où le gel et le dégel se succèdent, ce choix d’étanchéité n’a rien d’anecdotique : il conditionne la durée de vie du toit et la tranquillité du bâtiment.
Deux solutions dominent aujourd’hui les chantiers d’étanchéité de toiture plate : le roofing bitumineux et l’EPDM. Aucune n’est meilleure dans l’absolu. Le bon arbitrage se fait sur quatre critères concrets, que cet article détaille un par un : le support existant, le budget, la durée de vie recherchée et le niveau d’entretien que vous êtes prêt à assumer.
Comprendre la différence entre roofing bitumineux et EPDM
La différence tient au matériau et à son mode de pose. Le roofing est une membrane à base de bitume, posée en lés et souvent soudée. L’EPDM est une membrane en caoutchouc de synthèse, posée en grandes pièces et assemblée à froid.

Le roofing bitumineux
Le roofing bitumineux est une membrane d’étanchéité à base de bitume, livrée en rouleaux et fréquemment posée au chalumeau, le plus souvent en deux couches (système bicouche). C’est la solution traditionnelle et la plus répandue sur les toitures plates et terrasses, ce qui en fait un choix naturel pour de nombreuses rénovations. La couche supérieure est généralement autoprotégée par des paillettes d’ardoise ou une feuille d’aluminium, qui protègent le bitume des rayons du soleil.
L’EPDM
L’EPDM (éthylène, propylène, diène, monomère) est une membrane synthétique en caoutchouc, utilisée en étanchéité de toiture depuis les années 1960. On l’apprécie pour sa souplesse, sa résistance aux UV et à l’ozone, et sa longévité. Il se pose en grandes pièces, collées en plein ou lestées par des graviers, et ses jonctions se font à froid par bandes adhésives vulcanisées, sans chalumeau. C’est une solution souvent retenue pour les toitures plates modernes et les rénovations durables.
Comparer la durée de vie des deux solutions
L’EPDM est généralement recherché pour une durée de vie plus longue, tandis que le roofing bitumineux reste une solution fiable lorsque la pose est soignée et l’entretien régulier. Au-delà du matériau, retenez un principe : la durée de vie réelle d’une étanchéité dépend autant de la qualité de pose et de l’entretien que du produit choisi. Une membrane haut de gamme mal raccordée vieillira moins bien qu’un roofing correctement mis en oeuvre.
Comparer la résistance aux infiltrations
L’étanchéité dépend du matériau, mais surtout de la qualité des détails. Une membrane saine ne fuit presque jamais en pleine surface : les infiltrations apparaissent aux points sensibles. Ce sont eux qu’il faut surveiller et soigner :
- les relevés d’étanchéité contre les murs et acrotères ;
- Ces points de raccord, comme les solins, les rives et certaines évacuations, relèvent souvent du travail de zinguerie ;
- les évacuations d’eau pluviale (avaloirs, naissances, trop-pleins) ;
- les angles et les jonctions avec les parois verticales.
En Belgique, ces ouvrages de raccord font l’objet de règles précises (voir plus bas la section sur les codes de bonne pratique). Que vous choisissiez le roofing ou l’EPDM, c’est la rigueur sur ces détails qui fait la différence entre une toiture étanche et une toiture à problèmes.
Comparer l’entretien nécessaire
L’EPDM demande généralement moins d’entretien que le roofing, mais un nettoyage de toiture et un contrôle régulier restent nécessaires. Avec le temps, le roofing bitumineux peut demander une surveillance plus régulière de son état de surface et de ses joints. L’EPDM est plus stable, mais il faut malgré tout contrôler périodiquement :
- les évacuations d’eau, pour éviter qu’elles ne s’obstruent ;
- les feuilles mortes et débris qui retiennent l’humidité ;
- les joints périphériques et les points de raccord ;
- l’absence de stagnation d’eau prolongée.

Comparer le coût des travaux
Le roofing bitumineux est souvent plus accessible à l’achat, tandis que l’EPDM représente plutôt un investissement de long terme. Il n’existe pas de prix fixe : le coût d’une toiture plate dépend de la surface, de l’état du support, de l’isolation à prévoir ou à conserver, de l’accessibilité du chantier et du nombre de points techniques (relevés, sorties, évacuations). Deux toits de même surface peuvent donc afficher des budgets très différents. La bonne question n’est pas seulement le prix au mètre carré, mais le coût ramené à la durée de vie attendue.
Choisir selon l’état de la toiture existante
Le choix se décide à partir d’un diagnostic du support, jamais à l’aveugle. Sur une ancienne toiture bitumineuse, la première question est de savoir si le support peut recevoir une nouvelle membrane ou s’il faut déposer l’existant. Un support gorgé d’eau, déformé ou décollé ne se recouvre pas : il se traite d’abord.
Point technique souvent ignoré : l’EPDM se dégrade au contact direct du bitume. Si l’on conserve un ancien roofing comme support, il faut prévoir une couche de séparation adaptée entre l’ancien bitume et la nouvelle membrane EPDM, faute de quoi la durabilité du nouveau revêtement est compromise. C’est exactement le genre de détail qu’un diagnostic préalable permet d’anticiper.

Choisir selon le type de bâtiment
Le bon compromis dépend aussi de l’usage et de la valeur du bâtiment. Voici trois cas fréquents.
Pour une annexe ou un garage
Sur un bâtiment secondaire, l’arbitrage se fait surtout entre budget et durabilité attendue. Le roofing bitumineux constitue souvent un choix raisonnable et économique. L’EPDM reste pertinent si vous visez la tranquillité sur le long terme et un entretien minimal.
Pour une maison principale
Sur l’habitation principale, la durabilité et la résistance aux infiltrations priment, car une fuite y est bien plus pénalisante. Une solution durable, bien intégrée à l’isolation et soignée dans ses raccords, protège mieux la valeur du bien. L’EPDM y est fréquemment privilégié, sans pour autant disqualifier un roofing de qualité bien posé.
Pour une toiture difficile d’accès
Quand l’accès au toit est compliqué, chaque intervention coûte cher et prend du temps. Une solution qui demande moins d’entretien, comme l’EPDM, devient alors plus intéressante : on réduit la fréquence des passages et des réparations.
Tableau comparatif entre roofing bitumineux et EPDM
| Critère | Roofing bitumineux | EPDM |
|---|---|---|
| Durée de vie | Bonne si pose soignée et entretien régulier | Recherché pour une longévité élevée |
| Résistance aux infiltrations | Fiable, dépend fortement des raccords | Très bonne, dépend aussi des raccords |
| Entretien | Surveillance plus régulière avec le temps | Généralement réduit |
| Coût initial | Souvent plus accessible | Plus élevé, investissement durable |
| Adaptation à la rénovation | Très répandu, simple à raccorder à l’existant bitumineux | Possible, attention au contact direct avec le bitume |
| Pose sur grande surface | Lés à souder, plusieurs jonctions | Grandes pièces, moins de jonctions |
| Résistance aux variations de température | Bonne, surface autoprotégée | Élevée, bon comportement au froid comme à la chaleur |
| Recommandation selon le cas | Budget maîtrisé, bâtiment secondaire, toit déjà en bitume | Durabilité visée, maison principale, toit peu accessible |
Dans quels cas choisir le roofing bitumineux
Le roofing bitumineux est pertinent dans plusieurs situations : une rénovation au budget maîtrisé, une toiture déjà conçue avec ce type de revêtement, un bâtiment secondaire (garage, annexe, dépendance), ou un chantier où la continuité avec une étanchéité bitumineuse existante simplifie les raccords.
Dans quels cas choisir l’EPDM
L’EPDM est souvent recommandé lorsque l’on vise une solution durable : toiture plate d’une maison principale, rénovation complète, projet intégrant une nouvelle isolation, ou toiture où l’on veut limiter au maximum l’entretien et les interventions futures.
Les erreurs à éviter avant de choisir
- Choisir uniquement selon le prix, sans regarder la durée de vie ni l’état du support.
- Poser une nouvelle membrane sur un support abîmé ou humide, au lieu de le traiter d’abord.
- Négliger les évacuations d’eau, première cause de stagnation et d’infiltration.
- Oublier ou bâcler les relevés d’étanchéité contre les murs et acrotères.
- Ignorer l’isolation existante et son état, qui conditionne le choix du système.
- Ne pas faire vérifier la pente de la toiture, qui doit permettre l’écoulement sans rétention d’eau.
Ce que disent les règles belges pour les toitures plates
En Belgique, les toitures plates sont encadrées par les codes de bonne pratique du CSTC (aujourd’hui Buildwise). La référence est aujourd’hui la NIT 280 (la toiture plate), qui a remplacé l’ancienne NIT 215, tandis que la NIT 244 traite spécifiquement des ouvrages de raccord (relevés, rives, évacuations). Deux points utiles à connaître avant tout chantier :
- Malgré son nom, une toiture plate n’est pas horizontale : elle doit présenter une pente minimale (de l’ordre de 2 %) pour évacuer l’eau sans stagnation.
- La qualité des raccords et des relevés est traitée comme un sujet à part entière, parce que c’est là que se jouent la plupart des infiltrations.
Faire appel à une entreprise qui travaille selon ces règles, c’est s’assurer que le choix du matériau s’accompagne d’une mise en oeuvre conforme, qu’il s’agisse de roofing ou d’EPDM.
Comment Prestige Habitat Roofing peut vous aider à faire le bon choix
Avant de trancher entre roofing bitumineux et EPDM, le plus sûr est de faire inspecter votre toiture. Prestige Habitat Roofing intervient en Belgique pour examiner votre toiture plate, vérifier l’état du support, repérer les zones sensibles (relevés, évacuations, raccords) et vous recommander la solution réellement adaptée à votre toit et à votre budget.
FAQ
Peut-on poser de l’EPDM sur un ancien roofing bitumineux ?
Oui, à condition que le support soit sain et qu’une couche de séparation adaptée soit intercalée, car l’EPDM se dégrade au contact direct du bitume. Un diagnostic préalable permet de vérifier si l’ancien support peut être conservé ou doit être déposé.
EPDM ou roofing bitumineux : lequel dure le plus longtemps ?
L’EPDM est généralement recherché pour une durée de vie plus longue. Mais un roofing bitumineux bien posé et entretenu reste fiable. Dans les deux cas, la qualité de la pose et des raccords pèse autant que le matériau.
Quelle solution choisir pour un garage ou une annexe ?
Sur un bâtiment secondaire, le roofing bitumineux est souvent un choix économique et raisonnable. L’EPDM se justifie si vous privilégiez la durabilité et un entretien minimal sur le long terme.
L’EPDM se pose-t-il au chalumeau comme le roofing ?
Non. L’EPDM se pose en grandes pièces collées ou lestées, et ses jonctions se réalisent à froid par bandes adhésives, sans chalumeau. Le roofing bitumineux, lui, est le plus souvent soudé au chalumeau.
Faut-il toujours déposer l’ancienne étanchéité avant de refaire le toit ?
Pas systématiquement. Si le support est sain, sec et bien fixé, il peut parfois être conservé. S’il est humide, déformé ou décollé, il doit être traité ou déposé. Seul un diagnostic sur place permet de décider.
Conclusion
Pour résumer : le roofing bitumineux est une solution connue et souvent économique, l’EPDM une solution durable et performante. Mais le meilleur choix ne se décide pas sur le papier : il dépend de l’état réel de votre toiture, de son support et de l’usage du bâtiment. Un diagnostic sur place reste le point de départ le plus fiable pour investir au bon endroit.
Aller plus loin dans le choix et l’entretien de votre toiture
Choisir entre roofing bitumineux et EPDM est une première étape importante, mais l’état réel de votre toiture compte tout autant. Si vous constatez déjà une infiltration, découvrez aussi notre guide pour savoir quand réparer une fuite plutôt que refaire toute l’étanchéité.
Et si votre toiture est encore saine mais exposée à la mousse, aux salissures ou à l’humidité, consultez notre comparatif pour comprendre quel entretien choisir entre nettoyage, démoussage et traitement hydrofuge.